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Le costume au Treizième siècle.

La première chose à savoir c’est que ne sont données ici que de grandes lignes permettant de se faire un costume historiquement correct pour la majeure partie du siècle. Il est bien évident que la mode ne change pas le premier janvier 1201 et le 31 décembre 1299. Il faut donc relativiser.

Il y a fin du siècle des vêtements qui ressemblent un peu à ceux du début quatorzième comme il y a au début des vêtements style douzième qui sont encore présents.

Notre connaissance a la limite des sources. Les objets archéologiques textiles sont rares car la matière vieillit mal. Les sources graphiques sont donc avec la sculpture la source principale. Il faut pour être tout à fait correct se souvenir de l’isolement relatif des régions. Il y a donc des régionalismes dictés, par le climat mais aussi les habitudes et influences loco régionales. Un costume de Paris ne sera pas celui de Liège. Ceci dit, il n’est pas pour autant choquant de voir un seigneur (pas un paysan) porter un objet « étranger » pour lui car les cadeaux « diplomatiques » existent et ces gens voyagent : tournois, guerre, visite… Le régionalisme OUI mais modération. Ceci étant il ne serait pas normal qu’un personnage ne porte que des pièces dépareillées quant à leurs régions d’origine.

Le costume n’est pas différent chez le riche ou le pauvre, c’est la nature de l’étoffe et des ornementations qui fait la différence et l’appartenance sociale.

Les matières :

Les étoffes sont faites évidemment de fibres naturelles, lin, soie, laine, coton, ortie.

Le lin et l’ortie sont moins estimés (parce que moins chers bien sur) que les autres, le coton et la soie sont l’apanage des riches. La laine se trouve au milieu de l’échelle.

La nature du tissage…C’est compliqué cela et je n’en suis pas spécialiste. Mais il existe des gens qui pourront répondre à vos questions. Le résumé de l’opinion de quelqu’un de compétent est je cite « Le textile, c’est simple, en 60000 volumes ! »

http://perlinelatisserande.over-blog.com/

Est un super blog de quelqu’un de très gentil qui saura répondre à vos questions. Sur l’intimité des étoffes et du tissage à l’époque. Personnellement j’admire sa science.

Pour les couleurs, en dehors du « fluo » (et encore), tout existe les affirmations suivant lesquelles certaines couleurs sont peu estimées sont toujours à prendre avec des pincettes et à relativiser à la région d’où elles sont originaires. Le noir « noir » est rare mais de nos jours aussi, le vert pourrait représenter le désordre voire la prostitution…Ceci ne repose sur rien. De même ce n’est pas parce que certaines villes ont choisi de faire porter des manteaux rayés aux prostituées qu’à l’autre bout du royaume les manteaux rayés ont une quelconque signification.


Passons maintenant aux vêtements en tant que tels

Costume civil de l’homme :

Le Caleçon

Ce sont des braies mi longues (voir photo) qui peuvent en été (en tout cas chez les paysans) être remontées sur le coté. La matière c’est le plus souvent du lin (attention que la qualité du lin utilisée pour les braies d’un Roi ou pour les braies d’un fermier, ce n’est pas du tout pareil, il n’est toutefois pas facile de trouver encore les différentes qualités de nos jours). La « ceinture » des braies se nomme le braïel


Les Chausses

Sur les braies se portent les chausses. Les chausses se sont des « jambes de pantalons » séparées et pourvue d’un pied (comme les chaussettes) elles tiennent en s’attachant par des lacets au braïel. A cette époque elles sont ajustées et collantes (pour réaliser les chausses il y a un truc et je vous renvoie à la section « reconstitution d’objet »)


La chemise (ou chainse)

Fort heureusement, le roi Louis IX fut aussi Saint Louis. En conséquence on a conservé, comme relique en quelque sorte, une de ses chemises. Ce qui nous donne une idée très claire de ce qu’était la chemise des nobles fortunés au milieu du siècle. Nous extrapolons tous que la coupe est la même pour le peuple mais pour être rigoureux, nous n’en sommes pas certains.


Sur la chemise est portée la cotte

C’est un vêtement long (jusqu’aux chevilles) fendu en avant et en arrière et auquel on donne de l’ampleur par des « soufflets » sur les côtés. C’est ici que commencent les controverses entre évocateurs : est-elle en ce milieu du siècle, brodée, ornementé ou comme dans la Bible de Maciéjowski dépouillée et sans ornement… Il semble toutefois que cette tendance au dépouillement est surtout parisienne et que sans tomber dans le « couvert de broderie » les cottes étaient ornementées dans nos régions. Mais il est vrai que la décoration est plutôt sobre par rapport au siècle précédent. Les manches sont ajustées et longues.


Sur la cotte est porté le surcot

Il est très variable dans ses formes contrairement à ce que les groupes d’évocation pratiquent. Il en existe au moins 5 ou 6 modèles différents.

Souvent les manches sont non cousues sur une portion variable de l’emmanchure ou même percées au niveau du biceps pour laisser passer le bras.

Pour être réussi, l’ensemble cotte et surcot doit être de couleurs contrastée (voyez les enluminures), le sens de la couleur au treizième siècle est particulier. D’ailleurs la doublure de ces vêtements est contrastée elle aussi, le contraste rouge et bleu est très courant, safran et bleu… C’est très coloré et fort beau (enfin ça c’est subjectif)

L’immense variété des coiffures rend toute tentative de classification veine… Ce qui est certain c’est que le chaperon est porté par toutes les classes sociales et là encore c’est la nature des étoffes qui fera tout.  Sans ordre donc on trouve des calottes, des bonnets plus ou moins pointus et des chapeaux de feutre style Robin des Bois (mais sans la plume a priori). Le cale est un bonnet de tissu clair (le plus souvent) qui est très porté surtout dans le peuple mais pas seulement.

Une légende veut que se promener sans chapeau ne se faisait pas  les exemples du contraire abondent.

Il y a encore les mantels (ancêtres de nos manteaux) et les capes qui sont des vêtements d’extérieur.

Un mystère : le garde-corps… On  trouve dans des : manuscrits anglais et français le terme de Garde Corps, ce mot a été utilisé par Viollet le Duc improprement pour désigner le surcot ce qui fait croire à de nombreux évocateurs que ce vêtement n’existe pas et constitue une invention de plus de Viollet le Duc. Le terme existe donc bel et bien mais on ne sait pas exactement à quoi il correspond…

Et maintenant…Relativisons.

Il n’y a guère on me disait en me voyant monter une tente en tunique de laine m’arrivant au genou : mais ce n’est pas treizième, c’est trop court ! Tiens donc. Il faut chercher dans les enluminures des livres d’Heures par exemple des représentations d’ouvriers ou d’artisans. La plupart portent des tuniques (cottes je suppose) plus courtes qu’à la cheville, genou ou au dessus. Et c’est compréhensible : on imagine mal un forgeron forger en grande robe ample allant jusqu’au pied !

Ce qui ne veut pas dire qu’ils portaient des tuniques romaines courtes mais ce qui veut dire que l’absolu n’existe que dans l’esprit des intolérants..

De même pour la chaussure du treizième siècle, on remarque que sur les enluminures, seuls les pauvres, les laborieux portent des chaussures montantes. Mais ces sources viennent surtout de France. Qu’en est-il sous un climat plus rigoureux comme celui de nos Ardennes ? On n’en sait pas grand-chose mais il est bien possible que les bottes étaient plus répandues mais ce n’est pas certain…

Il faut admettre que nous ne savons pas tout et que nous ne saurons jamais tout. Le raisonnement logique, à condition qu'il ne fasse pas appel à des données subjectives (comme les habitudes de vie) est une base de travail défendable. Un simple exemple, il existe à Paris (et ailleurs) une guilde des Brodeurs, c'est donc que l'on brodait. Il est donc probable que si certaine source (singulier intentionnel) ne montre que peu ou pas de broderies c'est qu'une autre raison existait que leur inexistence.











 

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