Le cheval au moyen âge.
Dans les fêtes médiévales un grand absent est le cheval. Or le cheval est indissociable de la vie de nos ancêtres. Nous allons ici parler du cheval au moyen âge, d’abord dans sa réalité, les races, les types, les usages ensuite dans la symbolique médiévale et chevaleresque.
Quel cheval y avait-il au moyen âge ?
On sait à la fois peu et beaucoup de chose . Il existe un traité d’hippiatrie daté du XIII° siècle, c’est celui de Giordanus Rufus, lequel grand écuyer (c'est-à- dire responsable des écuries) de l’empereur germanique nous laissé un livre qui nous donne une idée de la manière dont nos ancêtres prenaient soins de leurs chevaux, mais pas plus ce livre que le classique ouvrage de Dom Duarte Roi de Portugal (XV°) ne nous donne d’indication sur la nature des chevaux utilisés.
Dans les enluminures l’accent n’est pas mis sur l’exactitude de la représentation. La seule chose qui ressorte de manière constante est une taille modérée voire petite à nos yeux
On voit clairement sur cette image extraite de la Bible de Maciejowski que les jambes des cavaliers descendent très bas ce qui veut dire que les chevaux sont proportionnellement plus petits que de nos jours. L’archéologie prouve d’ailleurs que cette interprétation est valable car les squelettes d’équidés que l’on trouve correspondent à des tailles plus que moyennes.
Au moyen âge, on a tendance à classer les chevaux en fonction de leur usage (je ne dis pas que les races n’avaient pas d’importance mais on fait, dans les textes, plus référence à l’usage qu’on a du cheval).
On peut parler du Destrier, du Palefrois, du Courseor, du Roncin, de la Haquenée et du Sommier.
Le destrier
C’est le cheval de guerre. Appelé dès la fin du treizième « grand cheval de guerre ». Il est robuste, endurant mais possède tout de même un potentiel de rapidité pour la charge. Ce qu’il est, au niveau race : mystère. Dans le sud on peut penser à un genêt mélangé de barbe et d’arabe mais pas le genêt d’aujourd’hui dont le modèle est plus récent. Certains pensent aux chevaux de traits belges. Le percheron dans ses modèles les plus fins, les postiers peut être, sans doute le mérens et peut être le frison. On nomme le destrier au départ de dextre, mais pourquoi… Parce qu’il était mené par la dextre ? Parce qu’on le montait à dextre ? Les avis sont partagés et je ne prends pas position.
Le Palefroi
Ce cheval est un cheval de parade. On comprendra tout de suite que seuls les nobles riches en ont. Ce sont des chevaux plus légers et très soignés. Mais à vrai dire on sait peu de chose d’eux…
Le courseor
Ce cheval est l’apanage des grands chefs. Il est rapide, agile et sert à se ménager une voie de retraite quand les choses tournent mal. Il serait d’origine ibérique se qui laisse présumer un apport arabe.
Le roncin
C’est un cheval de remplacement que le chevalier va monter si le destrier est pris ou trouve la mort. C’est une « deuxième classe mais qui rend des services, il est possible que ce cheval, plus ou moins bâti sur le modèle du destrier mais moins raffiné sans doute servent aussi de cheval de bât pour transporter le matériel.
La Haquenée
C’est une jument destinée aux promenades des femmes riches. On ne sait pas grand-chose sur son modèle.
Le Sommier
Bête de somme ce cheval est au bas de l’échelle équine, mais attention dans les textes de l’époque on utilise parfois sommier pour un bœuf de trait ou pour un ouvrier portefaix. Cheval sans doute robuste mais à nouveau on n’en sait que peu de chose.
Sexe
Les chevaliers ne montaient que des entiers s’ils avaient le choix.
Couleur
D’après les enluminures on voit des chevaux gris clair (le cheval blanc n’existe que très rarement), des chevaux noirs, des pommelés, peu de bai ou d’alezan (certains auteurs disent que le Bai était mal considéré mais je n’ai jamais trouvé la source de cette affirmation). Je n’ai jamais vu d’illustration de palomino. Les chevaux pie semblent ne pas exister (toujours dans les enluminures, mais certains disent qu'ils étaient prisés je n'ai pas non plus la source de cette affirmation) et, bien entendu les appaloosa non plus.
Les races
D’après certains spécialistes on pense que en dehors du genêt déjà cité, le frison aurait été décrit par César dans La Guerre des Gaules ( ? il faut y croire, mais cette information est recoupée par divers analystes) il en va de même du cheval de Mérens qui aurait été, de plus, représenté dans la Grotte de Niaux (Paléolithique). Convainquant? Pas vraiment, ce qui est certain ces que ces deux races possèdent encore actuellement des caractéristiques intéressantes pour un combattant médiéval.
Quel cheval moderne pour faire de la monte médiévale donc…
En bref postier, un petit cheval de trait, un frison (pas les plus grands modèles), un mérens, si on cible le viking pourquoi pas un fjord ? Si on est musulman on peut ambitionner le pur sang arabe lequel est déjà importé par Richard I° pour alléger les races. Le genêt d’Espagne actuel n’est plus le genêt de l’époque, c’est évident, l’andalou non plus pas plus que le lusitanien.
Maintenant si vous êtes propriétaire d’un cheval qui est capable de vous porter en armure sans souffrir, vous pouvez l’utiliser mais sachez qu’au niveau historique il y a des limitations ! Il faut aussi relativiser l’historicité : un combattant de nos jours mesure entre 1,75m et 1,90m au moyen-âge il aurait été un géant (données moyennes bien sur). Si vous êtes grand, ne montez pas un petit cheval et tant pis pour l’historicité car ceux qui vous le reprocherons pourraient tout aussi bien vous reprocher votre propre grande taille. Il y a rigueur et intégrisme en reconstitution et le deuxième n’est pas plus sympathique ici qu’ailleurs…