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Quand on pense à l’équitation médiévale, on pense tout d’abord à la joute. Le cinéma et les livres ont popularisé cette discipline à un point tel qu’on pourrait croire que les gens du moyen âge passaient leur temps en tournois. Si effectivement la joute mérite ses lettres de noblesse, il ne faut pas oublier, le béhourd, la chasse à cheval, le combat à cheval et aussi, simplement, le déplacement à cheval.
Un tournoi au treizième siècle ne se limite pas à la joute, elles n’en sont qu’une petite partie et semble-t-il pas la plus prisée des participants. Dans un tournoi  il y avait une bataille entre deux partis (au moins) qui prenait les allures d’une petite guerre ou si on veut de « grandes manœuvres », durant cette phase, de réelles actions militaires étaient menées à travers champs et villages dans un espace défini à l’avance mais pas du tout préparé à cet effet : le tournoi prenait alors toute sa dimension d’entrainement militaire. Stratégies, ruses et tactiques étaient de rigueur et les prisonniers faits devaient rançon à leur vainqueur. L’évolution au cours du siècle se fra en faveur des joutes, moins dangereuses et (paraît-il) plus accessible au public féminin.
Si on veut être un cavalier d’évocation il faut aussi savoir tirer à l’arc en selle, chasser à l’épieu lancé, et pratiquer divers jeux d’adresse avec les multiples accessoires qu’ un homme de l’époque pouvait être amené à avoir en main et bien entendu, le tout dans la tenue d’époque, en haubert d’abord mais en cotte et surcot aussi…Et aussi et surtout l’épée au coté, avec des coiffures bien moins pratiques qu’un casque ou qu’une bombe…
Le prérequis pour la pratique de l’équitation médiévale est sans aucun doute d’en avoir réellement envie. C’est un investissement en temps et en argent qui peut être considérable. Il vaut mieux bénéficier des conseils de cavaliers d’évocation pour cerner le matériel indispensable pour un début. Des indications à ce sujet seront données dans la suite de cet article.
On peut débuter sans être cavalier mais il faut alors un moniteur motivé par autre chose que l’équitation classique ou que l’équitation western (aucune des deux ne convient parfaitement). Si on est déjà cavalier, cela facilite les choses. Il est clair que de bonnes bases de dressages sont utiles voire indispensables. Pas de leurre à ce sujet, on ne fera rien de bon si les bases ne sont  pas solides. Rien n’empêche de travailler en tenue les exercices de dressage classiques : cela motive !
En résumé pour le prérequis technique:
Savoir monter, (la pratique de l’obstacle n’est pas nécessaire), avoir un niveau de dressage suffisant pour pratiquer les figures que je vais évoquer ci-dessous.
Monter en rêne contraire aux trois allures avec aisance.
Pratiquer en rêne contraire les figures suivantes : Serpentine, Demi  Tour autour des postérieurs et des antérieurs, Reculé, départ du de l’arrêt au trot et au galop, du pas au galop, déplacements latéraux.

Quels exercices spécifiques ?

Avec la lance :

Manier la lance de l’arrêt à la position couchée
(la difficulté de cet exercice est surtout de ne pas donner d’ordres contradictoires au cheval en raison des modifications de centre de gravité)
Toucher une cible avec la lance, d’abord au pas, puis au trot, puis au galop.
(Taille balle de tennis posée sur des chandeliers d’obstacle)
Prendre de la lance trois anneaux successifs posés à hauteur de cavalier
(toujours le sommet d’un chandelier)
Ramasser une étoffe au sol de la pointe de la lance

Le principe de toutes ces « épreuves » est de faire un demi  tour de piste à l’allure choisie puis de doubler sur le petit côté de la carrière (doublé en A par exemple), les cibles étant placées sur une ligne théorique parallèle à la ligne de doublé.
Certaines sources (Dom Duarte XV°, Pluvinel XVII°) parlent de partir dos à la lice, d’effectuer un demi-tour sur les postérieurs puis départ au galop. Cet exercice est très esthétique mais rien ne prouve que les jouteurs plus anciens procédaient de la sorte. Pratiquer comme cela démontrera de la maîtrise mais l’historicité (pour le treizième siècle) reste à démontrer.
Les exercices à la lance sont clairement militaires et donc devraient être pratiqués en armure. Le ramassé d ’objet fait partie de ces « légendes urbaines invérifiables » où l’on voit le cavalier ramasser la « faveur » de sa Dame…Est-ce historique ? Peu de données en la matière.

Avec l’épieu

Les chevaliers européens, en dehors de l’Espagne (et du Portugal) ont abandonné le javelot comme arme de guerre dans le siècle qui a suivi la bataille de Hastings. L’épieu projeté est ici une arme de chasse.  Personne ne pourra jamais prouver qu’un chevalier ne s’en est pas servi un jour à la guerre mais ce n’est clairement pas l’usage.

Cible fixe au sol
Cible fixe verticale
Cible mobile à poursuivre
Cible mobile à croiser
La cible peut très bien être un sac en toile de jute, ais alors elle doit être placée assez loin latéralement au cheval pour éviter que l’épieu ne vienne heurter celui-ci.

Avec l’arc 

Ce n’est pas traditionnel de voir un chevalier porteur d’un arc. Certains disent même que les chevaliers refusaient  de s’en servir. C’est oublier Godefroid de Bouillon et Richard Cœur de Lion qui se flattaient l’un et l’autre de leurs talents d’archers… Par ailleurs, dans l’empire germanique les Croisés allant en Terre Sainte par voie de Terre autant que par bateaux sont entré en contact avec les Turk, les Hongrois et en ont pris certains usages (voir dans les liens l’excellent  site sur les « Peuples Cavaliers »). De plus il suffit de regarder les archères pour comprndre que l'usage d'un longbow y est impossible.
La pratique la plus courante est du tir à la cible au galop, la position de la cible pouvant varier de devant, derrière et latérale) Il n’est pas interdit non plus d’imaginer un tir à la flèche blunt sur des hommes d’armes dans une bataille reconstituée.

Avec l’épée

Décapiter un ennemi en passant au galop (faire tomber une balle d’un chandelier autrement dit), combattre un piéton ou un cavalier, prendre des anneaux sur l’épée sont autant d’exercices à pratiquer assidument.

Le port de la bannière

Il faut s’habituer à manier cet objet en selle et surtout peut être y habituer le cheval (ceci dit, le drapeau est un excellent début pour le processus d’habituation du cheval)

Le port du bouclier

Epée et lance ne se conçoivent pas sans bouclier. L’écu est donc porté lorsqu’on est familiarisé avec les exercices. Voir section « matériel » pour des détails sur la manière de porter l’écu.

Et le cheval…

Il faut désensibiliser le cheval au matériel en procédant par petite touche : un cheval qui n’a jamais quitté son manège ne va pas accepter sans broncher un cavalier en mailles cliquetantes qui en plus fera tout un tas de mouvements farfelus avec des objets inhabituels. La technique pour désensibiliser dépend du caractère du cheval et de celui de son cavalier. Mais le faire dans la douceur et avec une progression est clairement indispensable. Il n’est pas mal non plus de conserver aux activités médiévales un aspect ludique qui plait à bien des chevaux.

Pas de snobisme

A cheval on n’a pas droit à l’erreur, le matériel médiéval peut être dangereux et il faut donc prendre des précautions.
Le montoir est un ustensile que le dos de votre cheval appréciera beaucoup quand vous monterez en armure…
Quand on a fait tout cela seul ou à deux chevaux dans une carrière, il faut passer à l'épreuve de le faire, en public, avec beaucoup de chevaux et qui sait...dans une bataille ou un béhourd...